ÉCHEC SCOLAIRE

Par : Maria Mallouche

« C’est étrange cette cage, qui me bloque la poitrine »

Voilà des paroles de Michel Sardou dans sa chanson Je vole. Elle raconte l’histoire d’un jeune adulte qui prend de la maturité, mais je préfère l’associer à mon anxiété.

Je pourrais vous parler du souci de performance qui touche un peu tous les jeunes, mais ça reviendrait à banaliser ce qu’une personne anxieuse ressent réellement. C’est plus qu’un désir d’accomplissement ou de réussite. C’est une obsession malsaine.

C’est, comme Michel Sardou le dit si bien, une cage qui nous bloque la poitrine. Souvent, je m’y sens prisonnière. Des fois, j’aimerais m’en libérer, mais l’anxiété est un ennemi persistant.

Je me rappelle des premières fois où j’ai ressenti cette nervosité à l’école primaire, c’était semblable à de l’euphorie combinée à de l’excitation; c’était quand j’entretenais une relation saine avec elle.

Puis, plus tard, quand je suis rentrée au secondaire, j’ai commencé à comprendre ce qu’elle pouvait avoir comme répercussion directe sur mon corps. En allant à l’école le matin, j’avais des maux de ventres énormes, mais pas aussi énormes qu’avant un exposé oral où je pensais m’évanouir.

J’ai atteint le summum de l’anxiété quand  je suis arrivée au cégep : c’est là que j’y aie gouté à pleine dent.

C’est la session dernière que j’ai eu mes premières vraies crises de panique. Il y eut des nuits d’insomnies, des frémissements, des pleurs, beaucoup trop de pleurs. Il y a aussi eu le regard douloureux de ma mère qui essayait tant bien que mal de comprendre pourquoi sa fille était en train de suffoquer pour un devoir de chimie. 

Je pense qu’elle est là, la pire sensation de l’anxiété de performance; peu importe ce qu’on nous dit, elle est là et elle nous bouffe les entrailles sans réserve. Littéralement. 

À cause d’elle j’ai perdu trop de poids, parce que je ne mangeais plus. M’alimenter constituait une perte de temps inconcevable. À cause d’elle, je me suis rabaissée à une moins que rien. Je me regardais dans le miroir et je me répétais « t’es personne, tu vas aller nulle part avec ces notes ».

J’y crois encore ces temps-ci; que je ne suis personne et que je ne suis capable de rien. Mais j’essaie de « penser positif » malgré tout. 

Mais bon, je sais qu’elle va toujours être là cette copine toxique.

Il faudra que j’apprenne à vivre avec elle, que je l’apprivoise.

Une illustration de Peter Ghadban

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