
Par Anonyme(s)
Au Collège de Bois-de-Boulogne, l’activité la plus emballante pour les étudiants est d’aller manger au Coq Lala.

Ce n’est sûrement pas la première fois que le manque d’activités au Collège de Bois-de-Boulogne est invoqué. Pourtant, certains diront que le problème repose sur le manque d’intérêt de la part des boulonnais. Mais pourquoi y a-t-il un tel désintérêt chez les étudiants?
La réponse n’est pas tant une question de motivation qu’une question d’environnement.
Tout d’abord, il existe un réel manque de tiers lieux, c’est-à-dire d’espaces publics, accessibles et propices aux interactions sociales spontanées qui ne servent ni comme habitation (le premier lieu), ni comme lieu de travail (le second lieu). Le résultat: un cégep qui se vide dès 18h.
Le collège est muni de résidences, de salles de classe et d’une bibliothèque pour combler ces premiers besoins, puis, en théorie, le bistro et la cafétéria, qui sont censés remplir le dernier rôle.
Cependant, lorsque la bibliothèque a un niveau sonore capable de faire honte à l’autoroute Décarie en heure de pointe, cela devient problématique. C’est pire lorsque l’administration répond en permettant cela au lieu de renforcer le silence. Par conséquent, le besoin d’un endroit calme (par rapport à la bibliothèque) pour étudier tombe au bistro et à la cafétéria. Cela finit par évaporer les espaces sociaux déjà mis de côté.
Donc, que faire?
La solution est assez évidente et elle a même déjà été mise en place; l’aménagement d’espaces ayant comme but de divertir la population boulonnaise. Par exemple, la table de ping-pong dans le pavillon Ignace-Bourget représente un tiers-lieu où des étudiants passent des heures à socialiser entre eux, sans coûter énormément au collège. N’importe qui ayant passé du temps là-bas vous parlerait de l’accueil amicale carrément absent du reste du cégep entre étrangers.
Un autre exemple notable serait le café étudiant.
La session dernière une réouverture du café étudiant a été tentée et a été rencontrée avec un succès presque immédiat, attirant la curiosité de plusieurs étudiants. Il y avait une abondance de bénévoles (au point de devoir en refuser) et de clients divers. Cet enthousiasme illustre encore plus la soif des étudiants pour un passe-temps rafraichissant. Malgré l’absence d’un endroit précis alloué par le collège pour ses clients, les étudiants y ont socialisé; que ce soit dans la file ou entre employés derrière le comptoir. Imaginez l’ambiance, étrangère à celle que nous maintenons aujourd’hui, si l’on recevait plus de soutien dans les projets extracurriculaires.
Ce manque de soutien en question reflète une réalité de plus en plus présente, dont le flétrissement de la vie étudiante boulonnaise. Rendu à la semaine 10, une session après l’ouverture du café, ce dernier reste fermé, manquant de coordinateur.trice, et ce sans même qu’un message soit passé par rapport à la vacance du poste. Où est l’AGEBdeB, qui a, en février, octroyé un budget de 8000$ pour la fin de rouvrir le café? Pourquoi un projet si apprécié, réessayé ici même trois fois, n’est-il pas priorisé? Clairement, il existe une entrave à la vie étudiante lorsque les conseils visant à prioriser la participation étudiante ne proposent rien et négligent la création de nouveaux comités.
Alors, chers lecteurs, je vous implore de repenser à votre quotidien dans un cégep où la vie étudiante fait défaut. Alors que certains aspects (comme les décisions administratives douteuses concernant la bibliothèque ou le café étudiant) semblent hors de votre contrôle, c’est ultimement vous qui détenez le pouvoir de faire progresser notre collège. Revendiquez la transparence auprès des membres du conseil exécutif. Envoyez des messages aux responsables. Rendez-vous à l’association étudiante. Comme l’a dit la co-présidente du VoxPop lorsqu’elle a été interrogée : “Beaucoup de gens ont de bonnes idées, mais pas assez de courage.” Vous savez qui vous êtes : communiquez avec Carine Pageau, lancez vos clubs les plus obscurs et ludiques, même si ce n’est pas directement en lien avec le programme d’études extrêmement contingenté que vous visez. Faites de Bois-de-Boulogne un lieu qui encourage le monde à rester.
Oui, comprenez que développer un équilibre vie personnelle-travail est une aptitude à apprendre dès maintenant, plutôt qu’à l’université ou sur le marché du travail. Si l’endroit où l’on passe près de 30 heures par semaine n’est pas opportun au développement de cet équilibre, quand est-ce qu’on s’attend à ce que ça arrive? Faut-il vraiment frôler l’épuisement pour agir?
Signé à 18h30, au Coq Lala.



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